dimanche 15 février 2015
Mal aux pieds?
Dans les années 60, mes parents ont eu la chance de beaucoup voyager.
Ma mère a été, un temps, hôtesse de l'air ce qui lui a permit de visiter l'Asie, et même la Nouvelle Calédonie à l'époque ou ces voyages au long court étaient réservés à une élite.
Depuis il ont continués à parcourir le monde, nous emmenant avec eux lorsque nous étions enfants.
C'est probablement de là que je tiens mon goût pour les voyages partagé avec Jérome, et transmis à nos enfants, nous le savons d'ores et déjà.
Pourtant nous savons tous que le voyage n'est pas toujours une sinécure.
Mon père a l'habitude de dire que, le voyage, c'est formidable avant : l'excitation du départ, l'anticipation délicieuse des guides et littératures exotiques.
C'est génial aussi après, lorsqu'on se remémore les moments épiques, les expériences extraordinaires.
Pendant le voyage, c'est très différent, parceque pendant le voyage...on a mal aux pieds!
Cette vision, certes réductrice et légèrement déprimante est pourtant très réaliste!
Lorsqu'on part, avec quelques kg sur le dos pour seul bagage, qu'il s'agit de faire de nombreux km et marcher plusieurs heures par jour, il faut prendre soin de ses pieds.
Mes tongs magiques étaient sur le point de rendre l'âme tellement la semelle était devenue fine. Heureusement, un monsieur assis sur une caisse en plastique au coin d'une rue leur a redonné vie pour quelques centimes...un grand merci à lui!
A n'en pas douter, ce bon mot de mon père avait cependant une portée beaucoup plus large! La réalité quotidienne du voyage, c'est éventuellement d'avoir mal aux pieds, mais aussi au dos (les matelas sont bien souvent un peu fatigués, quant aux fauteuils des bus asiatiques, ils ne sont pas dimensionnés pour des tailles occidentales), et bien entendu au ventre (nos intestins supportent plus ou moins bien les nourritures exotiques).
C'est aussi s'inquiéter de trouver le BON moyen (de se déplacer, de trouver où dormir, de découvrir ce qu'on est venu voir), s'inquiéter de s'adapter (à la langue, aux coutumes et aux bonnes manières, à la géographie et au climat), s'inquiéter de la sécurité (physique, financière et sanitaire).
C'est surtout faire l'effort, parfois sans grand résultats malheureusement, de sortir de ses propres représentations, de ses certitudes, de ses cadres de compréhension du monde pour pouvoir accéder, un peu, au fonctionnement social et culturel d'un peuple.
Vous en conviendrez, voilà beaucoup d'épines dans le pied du voyageur! Douloureux?
Eh oui mon père a parfois bien raison!
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Mal aux pieds, mal au dos, mal au ventre.. S'inquiéter du bon moyen, de s'adapter, de la sécurité, de comprendre, de s'intégrer...Vous voilà immigrés et ce n'est pas une petite aventure. Bien plus que ce que les parents ont entrepris dans les années 60. Tenez bon, vous tenez le bon bout de ...pied! Bisous de BL
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